Chien dominant

Le chien dominant

Malgré les démentis des éthologistes et des scientifiques de tous bords (tels que Ray Coppinger, David Mech, Ian Dunbar, Roger Abrantes, Jean Donaldson) depuis plus de 30 ans, d’aucuns persistent aujourd’hui à affirmer que le chien cherche à dominer son maître, à prendre la place du chef ou à être l’Alfa.

Le chien est pourtant l’animal captif par excellence. Il dépend totalement du bon vouloir de l’humain, que ce soit pour les sorties, la nourriture, le lieu de couchage, les relations avec ses congénères. Comment peut-on dès lors penser qu’il puisse être dominant ? 

Aujourd’hui encore bien des chiens sont maltraités, brutalisés voir sacrifiés parce qu’ils sont taxés de « chien dominant ». Des éducateurs canins professionnels ou bénévoles, des comportementalistes canins, des vétérinaires ou des toiletteurs, conseillent encore et toujours, par ignorance ou incompétence, à des propriétaires en demande de conseils de maintenir leur chien sur le dos, de lui enlever sa gamelle lorsqu’il mange, de le pincer, voire de lui mordre l’oreille s’il n’écoute pas. 

Lorsqu’il n’obéit pas à vos ordres, lorsqu’il mord vos vêtements ou vos doigts lors d’un jeu, lorsqu’il est trop brusque ou joue trop fort, lorsqu’il saute sur vous pour vous accueillir, lorsqu’il ne veut pas vous laisser prendre sa gamelle, lorsqu’il grogne pour garder son os, lorsqu’il n’est pas sociable ou agresse ses congénères, lorsqu’il se montre menaçant quand vous le prenez au collier, lorsque vous voulez le faire descendre du fauteuil ou du lit, lorsque vous le punissez, lorsqu’il tire en laisse, lorsqu’il est très excité ou ne veut pas rester seul à la maison ou lorsqu’il ne veut pas vous laisser sortir d’une pièce ou de la maison, lorsqu’il ne veut pas se laisser brosser, soigner ou manipuler (par vous-même, votre vétérinaire, toiletteur ou autre), le chien est presque systématiquement taxé de dominant. Or, aucun des comportements décrits ci-dessus n’ont un lien avec un comportement dominant. Dans la plupart des cas, ils s’expliquent par un manque de self-control initié dans la prime jeunesse du chien. Ce manque de self control est souvent associé à des jeux et des activités précoces inappropriés. D’autres comportements inadéquats sont dus à une incompréhension de la demande car incohérente pour le chien qui peut également être parfois mis en situation de double contrainte, ce qui rend l’exécution de l’ordre impossible. La plupart des propriétaires ne connaissent ni ne maîtrisent suffisamment bien les processus d’apprentissage élémentaires et ont, par conséquent, souvent une réponse inadaptée en terme de code canin.  

Il est temps d’en finir une fois pour toutes avec cette idée fausse de dominance et d’aller explorer d’autres pistes. Ce faisant, vous éviterez (à vous-mêmes et aux autres) des morsures (souvent méritées) et vous ne vous sentirez pas (plus) obligés de traiter votre meilleur ami comme s’il était votre pire ennemi. Dans le cadre de cette réflexion, je ne peux que vous recommander vivement de lire ce livre clair, court, simple et compréhensible par tous. 

Votre chien vous remerciera.